La composition échiquéenne
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Le jeu apparent de l’aidé

Le but à atteindre est le mat du Roi noir dans les exemples suivants.

Voir aussi : Jeu apparent du problème direct

Par convention, les Noirs ont le trait dans la position de départ d’un problème aidé standard. Si la solution comporte n coups simples (n pair), une suite de coups commençant par un coup blanc et menant au but après n - 1 coups simples n’est pas une solution. Autrement dit, le premier coup du canevas d’un problème aidé (1. N1 B1 2. N2 B2 ... n. Nn Bn ‡) ne peut pas être un coup « nul ». Cette suite de n - 1 coups simples est appelé « jeu apparent » (abréviation JA).

L’existence d’un jeu apparent enrichit le problème. C’est un jeu dit virtuel qui devient une partie de la solution. Cela amène à appeler « jeu réel » la suite menant vraiment au mat et que l’on appelle habituellement « solution ».

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Diagramme A
h‡1*

Le Diagramme A présente un « h‡1* » (Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en un coup) dont la solution (jeu réel) devra comporter deux coups simples : un coup simple noir suivi d’un coup simple blanc qui donne mat. L’astérisque signale l’existence d’un jeu apparent constitué d’un seul coup blanc.

Même si on ne lui signale pas l’existence d’un jeu apparent, le solutionniste peut voir que la Dame pourrait faire mat en jouant en a2 si les Blancs avaient le trait. Le jeu apparent est donc:1. Da2 ‡. Mais le trait est aux Noirs et la solution doit comporter un coup noir au premier coup. Le solutionniste va tenter de découvrir le coup noir qui pourra être suivi du mat en a2. Mais il cherchera en vain un coup noir neutre qui laisserait la possibilité à la Dame blanche d’infliger ce mat (ce coup existerait, si par exemple les Noirs avaient un Pion en h6, ce serait 1. h5 !). Il faut imaginer autre chose. Solution :

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1. b6 Da6 ‡. Le Diagramme B présente les deux tableaux de mat.

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Diagramme B
À gauche, mat du jeu apparent. À droite, mat du jeu réel


Un exemple en deux coups

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Roméo Bédoni
Feenschach 1962
h‡2* (3+3) C+

L’auteur est Roméo Bédoni, la première publication de l’œuvre, Feenschach en 1962, et l’énoncé, « Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en deux coups, avec Jeu Apparent ».

La solution complète du problème est l’ensemble constitué du jeu réel et du jeu apparent.

Canevas du jeu réel :

1. N1 B1 2. N2 B2

Canevas du jeu apparent :

1. … B1 2. N2 B2

Note : D’un canevas à l’autre, la même expression (B1, N2, B2) ne représente pas le même coup.


Solution :

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Jeu apparent : 1. … Cd8 2. Fc7 Dd4 ‡. Le Fou ne peut pas aller en c7 en deux coups : Fa5 donne échec et Fd8 prend sa case au Cavalier.

Jeu réel : 1. Fc5 Cd4 2. e5 Dd8 ‡.

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Diagramme C
À gauche, mat du jeu apparent. À droite mat du jeu réel


Remarques

Si le trait est donné aux Blancs (Voir le paragraphe « Trait aux Blancs » de Formulation), le premier coup du jeu apparent sera un coup noir.

Un problème « aidé de série » peut présenter un jeu apparent. Les Blancs peuvent faire mat avant le jeu de série des Noirs.

Un coup nul ailleurs qu’au début

Si un problème aidé comporte un jeu apparent, le solutionniste voit un tableau de mat qui ne peut être obtenu que par une suite tronquée. On a dit aussi que cette suite comportait un coup nul noir à son début. Il se peut aussi que des suites menant au but comportent un coup nul ailleurs qu’à l’emplacement du premier coup noir. De tels coups nuls peuvent être blancs ou noirs.

Les suites sont appelées jeu d’essai.






Ouvrage créé et géré à l'aide de SPIP, logiciel libre distribué sous Licence publique générale GNU (GNU GPL). Origine des images des pièces du jeu d'échecs et des échiquiers (Wikimedia Commons). D’autres informations : Echekk.