La composition échiquéenne
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        Aidé



Le genre aidé

On appelle « problème aidé » un problème dont la solution est une suite de coups joués alternativement par les Noirs et les Blancs qui collaborent pour atteindre le but. Par convention, dans un problème en n coups, les Noirs jouent le premier coup et aident les Blancs à faire mat à leur énième coup, soit après 2 fois n coups simples.

L’esprit de l’aidé

Qu’est-ce qui différencie les problèmes « directs » des problèmes « aidés » ?

Pour les problèmes directs, la question est « Comment les Blancs doivent-ils jouer pour atteindre tel but contre toute défense noire ? ». Pour les aidés, c’est « Comment les Blancs et les Noirs, en collaborant, peuvent-ils atteindre tel but ? ».

Ce qui change, c’est le comportement des Noirs. On dira que c’est l’« attitude » des Noirs. En un mot, l’attitude d’un camp vis-à-vis du but du problème est positive si ce camp cherche à atteindre le but, négative dans le cas contraire. Il y a combat entre les deux camps si les attitudes sont de sens opposées. Les camps ont tous deux une attitude positive s’ils collaborent en vue d’atteindre un but commun.

Dans le « problème aidé », l’esprit du jeu n’est plus celui du jeu traditionnel montrant deux camps qui se combattent. L’attitude des Noirs est ici positive, alors qu’elle est négative dans le problème « direct ». Le problème dit aidé est donc un problème coopératif dont la solution montre les Blancs et les Noirs unissant leurs efforts pour atteindre le but assigné par l’énoncé.

Réflexions

Précisons qu’on doit obtenir un « vrai mat », et non une position où les Noirs seraient sous la menace d’un échec qu’ils refuseraient de parer.

Quoi de plus facile que d’aider les Blancs ? Ne suffit-il pas de ne rien faire ? Certes les Noirs vont s’efforcer de ne pas gêner les Blancs, mais ils vont aussi souvent être actifs : ils feront des choses que les Blancs ne peuvent pas faire et qui seront indispensables. D’ailleurs, si le mieux que les Noirs ont à faire est de ne rien faire, il faudra que le compositeur crée tout de même un jeu noir, et il devra être unique (Voir Correction).

Les Noirs ne vont pas, en général, jouer nonchalamment alors que les Blancs partent à l’assaut du Roi noir. Une pièce noire joue un coup précis (un blocage, une interception...). Si une pièce noire de contente de se mettre à l’écart, le compositeur doit faire en sorte qu’elle n’ait qu’une seule possibilité.

Les Blancs jouent en sachant que les Noirs collaboreront ; les deux camps ne forment qu’un corps que le compositeur maîtrise comme un chorégraphe. Dans le problème direct, la maîtrise est celle du concepteur de cascades de combattants.

Énoncés

L’énoncé le plus courant est : « Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en deux coups. » (L’énoncé abrégé est h‡2, avec « h » pour « Hilfe » ou « help », « aide »). On voit que le trait est conventionnellement donné aux Noirs. Le but est le mat du Roi noir. La solution comporte deux coups noirs et deux coups blancs, selon le canevas :

1. N1 B1 2. N2 B2

« Deux » peut être remplacé par tout entier naturel. Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en n coups. La solution comporte n coups noirs et coups blancs. Son canevas se déduit facilement de celui du problème en deux coups, le dernier coup étant n. Nn Bn ‡.

Il faut comprendre : « Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en n coups au plus ». Une solution en moins de n coups serait une solution-parasite, non prévue par l’auteur. Une telle démolition doit avoir la même forme qu’une solution (premier coup joué par les Noirs).

Exemples

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Diagramme A
Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en un coup

Prenons le cas d’un problème en un coup (Diagramme A). Le canevas de la solution est 1. N1 B1 ‡. Il faut trouver le coup noir qui permettent aux Blancs de faire mat. On voit que le seul coup d’échec au Roi noir est Th5-h1. En l’absence d’autres pièces blanches d’attaque, on peut supposer que c’est ce coup qui sera le coup de mat. Voyons pourquoi il ne fait pas mat : les Noirs contrôlent b1, e1 et h1. Existe-t-il un coup noir permettant le mat par Th5-h1 ? Oui, 1.Ce4.

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Diagramme B
Les Noirs jouent et aident les Blancs à faire mat en un coup

Autre exemple au Diagramme B.

1. Cd7 Tc8 ‡

Le joueur et l’aidé

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Diagramme C

Sans le savoir, le joueur connaît le problème aidé, car il connaît le mat du sot. Il est arrivé que soient jouées des parties comme celle-ci : 1. f3 e6 2. g4 Dh4 ‡. On constate que les Blancs ont joué ce qu’il fallait joué pour perdre au plus vite ; ils ont aidé les Noirs à faire mat au plus vite. Voir la position finale de cette partie au Diagramme A.
Le résultat est le même avec les coups Pf2-f4 et Pe7-e5, et en intervertissant les coups blancs. Si on pose au problémiste la question « Comment, en coopérant, Blancs et Noirs doivent-ils jouer pour que les Noirs fassent mat au deuxième coup de la partie », sa réponse sera « En jouant une des quatre suites « 1. f3 e6 2. g4 Dh4 ‡ », « 1. f4 e6 2. g4 Dh4 ‡ », etc. »


Le joueur connaît aussi le problème aidé car il connaît les « positions mortes » (Article 1.3 des Règles de la FIDÉ : If the position is such that neither player can possibly checkmate, the game is drawn. Même si les deux camps collaboraient, on ne pourrait pas obtenir de position de mat). Voir Dead reckoning.

Voir Le joueur et l’aidé (par Georges Legentil)






Ouvrage créé et géré à l'aide de SPIP, logiciel libre distribué sous Licence publique générale GNU (GNU GPL). Origine des images des pièces du jeu d'échecs et des échiquiers (Wikimedia Commons). D’autres informations : Echekk.